L'inversion du sujet : après peut-être, ainsi, à peine et dans les incises
Maîtriser les inversions obligatoires ou élégantes de l'écrit soigné : après certains adverbes, dans les incises et dans les subordonnées.
Le style · C1 : Autonome · 25 min · 40 exercices · DALF C1, Bac, AP French
En dehors de l'interrogation, le français place le sujet avant le verbe. Pourtant, l'écrit soigné inverse cet ordre dans plusieurs situations : après certains adverbes en tête de phrase, dans les incises de dialogue, dans certaines subordonnées et dans quelques tournures figées. Reconnaître et employer ces inversions est une marque du niveau C1.
L'inversion après certains adverbes en tête de phrase
Quand la phrase commence par peut-être, sans doute, aussi (au sens de donc), ainsi, à peine, du moins, encore, en vain, tout au plus, à plus forte raison, toujours est-il que, le sujet pronominal passe après le verbe : « Peut-être viendra-t-il », « Aussi avons-nous renoncé ». Si le sujet est un nom, on le garde en tête et on le reprend par un pronom (inversion complexe) : « Peut-être Paul viendra-t-il ». La langue courante évite l'inversion en ajoutant « que » : « Peut-être que Paul viendra ».
Adverbes qui entraînent l'inversion
| Adverbe | Valeur | Exemple |
|---|---|---|
| peut-être, sans doute | probabilité | Sans doute avait-il raison. |
| aussi | conséquence (= donc) | Il pleuvait ; aussi sommes-nous restés. |
| ainsi | manière, conséquence | Ainsi finit cette longue histoire. |
| à peine... que | antériorité immédiate | À peine était-il sorti que la pluie tomba. |
| du moins, encore, tout au plus | restriction | Encore faut-il le prouver. |
| en vain | échec | En vain a-t-elle protesté. |
L'inversion dans les incises
Quand on rapporte des paroles, le verbe de parole placé au milieu ou après la citation entraîne l'inversion, que le sujet soit un pronom ou un nom : « Je reviendrai », promit-elle. « Entrez, dit-il, et asseyez-vous. » « Où allez-vous ? », demanda Marie. Ne jamais écrire « il dit » après une citation. Le « t » euphonique s'intercale entre une voyelle et il, elle, on : a-t-il, viendra-t-elle, dit-on.
L'inversion stylistique dans les subordonnées et les tournures figées
Avec un sujet nominal, l'inversion est fréquente et élégante dans les relatives et les subordonnées introduites par où, que, comme, quand, lorsque : « la maison où vivait ma grand-mère », « comme le veut la tradition », « les propos que tient le ministre ». On la trouve aussi avec des verbes de présentation en tête : « Reste la question du financement », « Vient ensuite la conclusion », « Voici venu le temps des bilans ». Enfin, le souhait littéraire l'emploie : « Puissiez-vous réussir ! », « Vive la République ! », « Fasse le ciel qu'il guérisse ».
Exemples
- Peut-être ont-ils oublié la réunion.adverbe de probabilité en tête, sujet pronominal
- Peut-être les élèves ont-ils oublié la réunion.sujet nominal repris par un pronom
- « Je n'en sais rien », répondit le directeur.incise avec sujet nominal
- Ainsi s'acheva cette longue affaire.inversion du sujet nominal après ainsi
Avec « je », l'inversion simple n'est possible qu'avec quelques verbes : suis-je, ai-je, puis-je, dois-je, sais-je. Pour les autres, préférez « peut-être que je viendrai » ou changez de sujet. Et retenez la graphie du t euphonique : « viendra-t-elle » avec deux traits d'union, jamais d'apostrophe.
L'inversion n'est obligatoire que si l'adverbe est en tête de phrase. Placé ailleurs, il ne change rien : « Il viendra peut-être ». Ne confondez pas non plus « aussi » en tête (donc, avec inversion) et « aussi » à l'intérieur de la phrase (également) : « Il est aussi venu » n'a rien à voir avec « Aussi est-il venu ».
Les exercices de cette leçon
40 exercices corrigés, en trois séances (découverte, entraînement, défi) : choix multiple (6), texte à trou (8), chasse à l'erreur (5), remettre dans l'ordre (1), transformation (7), traduction (5), texte à trous (3), association (2), classement (3). Chaque réponse est corrigée immédiatement, avec l'explication de la règle.
